Je suis géolocalisé(e), et alors ?
Autre risque d’entrave à la protection de la vie privée, la fonctionnalité de géolocalisation (basée sur la fonction GPS des téléphones mobiles), baptisée Facebook Places, est déployée en Europe un mois après le lancement de l’outil aux Etats-Unis. La géolocalisation est un procédé qui consiste à déterminer la position géographique d’un terminal, en veille ou actif évoluant dans un réseau de communications mobiles. Une fois recueillie, la donnée de localisation est adressée à toute personne cherchant à identifier l’utilisateur du mobile ou à tout prestataire susceptible de proposer des services adaptés à la personne ainsi localisée.
Face aux critiques, Facebook a pris un certain nombre de précautions pour éviter que des informations sur la localisation de ses utilisateurs ne soient trop facilement accessibles. Le service n’est pas activé automatiquement, seuls les amis ont accès, par défaut, aux informations de géolocalisation. Ces paramètres peuvent être modifiés dans le menu “paramètres de confidentialité”, à la ligne “lieux dans lesquels j’indique me trouver”.
Facebook a mis les moyens pour se faire une place sur les mobiles car de redoutables adversaires l’y attendent. C’est le cas d’Aki-Aka, le plus emblématique. Né en Allemagne, cette application 100% mobile sait où sont les internautes en permanence. Via le réseau GSM ou un GPS intégré (dans les smartphones), il peut indiquer qui des personnes croisées chaque jour dans le métro, au travail, dans un bar sont susceptibles de devenir des amis (en précisant le nombre de points communs). Se rendre repérable à tout moment soulève-t-il un plus grand danger ? Il n’est en tout cas pas sans soulever quelques questions d’éthique et de vie privée.
L’efficacité de ces nouvelles technologies dans le traitement de l’information ne manque pas de susciter l’intérêt des entreprises soucieuses de suivre leurs salariés en déplacement, ou encore celui des publicitaires motivés par la perspective de proposer à une clientèle, qui n’en a pas toujours conscience, une offre de plus en plus ciblée. La pub du 21e siècle sera en effet mobile, sociale et locale. L’utilisation abusive des données récoltées par l’intermédiaire de ces nouveaux réseaux sociaux dépendra surtout des garde-fous éthiques et législatifs et de l’honnêteté des prestataires de services. Ceci étant, l’utilisateur a toujours le choix de divulguer des informations mettant en cause sa vie privée. Et concernant l’utilisation commerciale des informations des internautes, l’enregistrement de toutes ses recherches et de son historique par Google n’est-il, en soi, pas plus problématique en termes de vie privée ?
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