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Live your films

par Jan Gogola
10 nov 14:45 > 16:30 Cinéma Aventure
En partenariat avec le Centre Tchèque Bruxelles, l’Institute of Documentary Film et Creative Europe Media

Les réalisateurs tchèques représentés ici ne se démarquent pas seulement par le nombre de prix domestiques et étrangers qu’ils ont remportés mais aussi par le caractère tout à fait unique de leurs films et ce, à travers une sélection très diverse de courts et longs métrages produits au cours des 50 dernières années. Dans son film Žít svůj život (Vis ta Vie), le réalisateur Evald Schorm, membre de la Nouvelle Vague Tchèque, tire le portrait du photographe de renommée mondiale Joseph Sudek de façon atypique. Le film traite en filigrane d’une rencontre, ici et maintenant. Schorm travaille avec le cameraman Jan Špáta, le principal représentant du mouvement philosophique poétique tchèque, et réalisateur de Respice Finem (1967), un film sur les questions existentielles d’une vieille femme solitaire. Alors que Špáta pénètre dans le monde intime des personnages, pour un autre réalisateur illustre – Karem Vachek – ces mondes intérieurs se confrontent à d’autres contextes, proposant de cette manière une lecture inattendue des relations. C’est par exemple le cas de Moravské Hellas (1963), un reportage surréaliste sur les festivals folkloriques teinté de contraste entre subversion et rire libérateur. La tradition est aussi le thème du documentaire Piemule (1983) de Jana Ševčíková à propos des minorités tchèques en Roumanie. Tant du point de vue visuel, analytique que physique, la réalisation nous emmène dans un monde où le quotidien est entremêlé de rituels archaïques : la vie comme la performance des traditions. De son côté, Helena Třeštíková s’intéresse au rituel du mariage par sa méthode unique d’observation longue. Le film Manželské etudy: Marcela a Jiří (Histoire de Mariages: Marcela et Jiří, 1987) devient un drame socio-psychologique suivant la vie d’un jeune couple pendant six ans. En marge de cette collection, on trouve le film happening Czech Dream (2004) de Vít Klusák et Filip Remunda qui ont étudié à la FAMU sous la houlette de Třeštíková, Špáta et Vachek – c’est ce dernier qui les a plus influencés jusqu’à opérer une transformation des sujets des films et des réalisateurs eux- mêmes. Dans ce sens, Czech Dream peut être vu comme un manifeste de ce principe. C’est un pamphlet sociologique sur un hypermarché fictif qui questionne notre conception de la réalité. De fait, les films repris ci-dessous ne doivent pas être envisagés comme de simples archives documentant la réalité mais plutôt comme des œuvres de nature anthropologique, poétique, philosophique, sociologique et artistique.

Jan Gogola