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José Luis Guerín:
a cinema under construction

Masterclass en présence de José Luis Guerín, modérée par Víctor Paz Morandeira
9 nov 14:00 > 16:00 RITCS En partenariat avec l’Instituto Cervantes de Bruselas

José Luis Guerín est l’un des réalisateurs espagnols les plus estimés actuellement. En construcción (2001) l’a fait remarquer en raison d’une série de prix qu’il a reçus. Ce film, dont l’action se déroule dans le Raval, un quartier populaire de Barcelone, raconte un événement de cette époque dans un style documentaire et avec des comédiens amateurs. Le succès obtenu par ce film a dès lors propulsé Guerín au rang de maître d’une jeune génération de réalisateurs, lui collant l’étiquette de mélangeur de genres, un point de vue qu’il réfute à maintes reprises. Dès avant En construcción, le réalisateur avait déjà montré qu’il était digne d’une telle reconnaissance. Après une poignée de courts-métrages, il réalisa son premier long Los motivos de Berta (1985), dans lequel on pouvait déjà déceler l’influence de réalisateurs français tels que Robert Bresson ou Philippe Garrel. Mais ses films les plus aboutis sont Innisfree (1990) et Tren de sombras (1997). Tous deux fonctionnent autour de la notion de  » trace « , un élément sur lequel l’auteur semble concentrer son attention :  » J’ai toujours suivi cette direction : marcher et observer. Donner une valeur sémantique aux traces laissées dans un environnement est quelque chose qui me stimule.  » Le passé peut être convoqué à travers ces traces, que l’on retrouve souvent dans les ruines. Ceci nous amène à un autre aspect de son cinéma : le film en tant qu’ébauche. Ses films ne sont pas façonnés et achevés de façon classique. De tous les films sur les mythes de Pasolini, celui qu’il préfère est Carnet de notes pour une Orestie africaine (1970), parce que  » ce n’est pas un film, mais un tournage sur les matériaux possibles pour faire ce film « . C’est un peu comme de la sculpture :  » Les ruines sont et le début et la fin ; début et fin sont en fait très similaires, en ce sens qu’ils offrent chacun la vision d’un inachèvement. A partir de là, on peut reconstruire une ville, ou un film.  » Ses derniers films de fiction, En la ciudad de Sylvia (2007) et La academia de las musas (2015) – qui fut récemment projeté en avant-première à Locarno – développent tous deux cette idée d’inachèvement ; ils sont comme des ébauches pour d’autres films. Que bien sûr José Luis Guerín ne fera jamais. Son cinéma, à l’instar du titre de son film renommé, donne l’impression d’être en perpétuel  » chantier « , et c’est pour cela qu’on l’aime.

Víctor Paz Morandeira
José Luis Guerín

La Academia de las musas

José Luis Guerín
José Luis Guerín

La Academia de las musas

José Luis Guerín

En construcción

José Luis Guerín
José Luis Guerín

En construcción