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Le Parti pris des objets

En partenariat avec Cinematek
Programmation Stefanie Bodien & Dario Marchiori

L’origine du mot (objectum) signifie  » jeté contre « : l’objet existe en dehors de nous, il nous attire, il nous repousse, il se laisse contempler ou bien oublier dans notre vie quotidienne. Il est là, il agit sur nous, il nous façonne. Même si leur matérialité est extérieure et autonome, les objets hantent notre imaginaire, ils vivent avec nous et en nous. Nombreux sont les films qui étudient la fabrication artistique, artisanale ou industrielle des objets, nombreuses aussi les études détachées des scientifiques, ou au contraire les regards emphatiques des publicitaires. En revanche, la rétrospective Le Parti pris des objets choisit de rester au plus près de l’exploration cinématographique des objets : banaux ou surprenants qu’ils soient, le regard curieux du cinéma les rend palpables, en creusant leur existence matérielle ou immatérielle, pour finalement en pro-jeter (en  » jeter devant  » nous) une image.
Les objets ont toujours nourri l’imagination des cinéastes de fiction, comme on le verra dans la séance d’ouverture de la rétrospective (L’Objet de fiction). Ils permettent aussi au cinéaste ou à ses amis de concrétiser les affects, d’y inscrire une histoire personnelle (L’Objet affectif), ou encore d’y découvrir les traces d’une plus grande Histoire (L’Objet d’histoire). Emblèmes de la vie quotidienne dans la société de consommation (L’Objet quotidien), ils se laissent également étudier, commercialiser ou aimer en tant qu’images (L’Objet d’image). Il arrive parfois qu’ils commencent à voler de leurs propres ailes et qu’ils s’amusent à nous jouer des tours (L’Objet autonome). Nous les accumulons, et quand un jour nous en faisons l’inventaire, nous nous apercevons que ce sont eux qui nous définissent dans notre fragile identité (L’Objet d’inventaire). Nous ne savons pas toujours comment nous en débarrasser, ou nous n’y arrivons même plus (L’Objet en trop). Poussés par la nécessité, il y en a qui réparent ou réinventent les objets, en leur insufflant une nouvelle vie (L’Objet de récupération). Dans la séance de clôture, deux grands cinéastes admirateurs de Francis Ponge (l’auteur du Parti pris des choses), nous feront découvrir le dialogue entre les mots et les choses – enrichi par la confrontation à l’image et au son (L’Objet en mots). Une bonne quarantaine de films en provenance d’onze pays différents nous permettront d’explorer la poétique et la politique des objets que le cinéma, surtout documentaire, a su interpréter. Des cinéastes célèbres ou inconnus nous accompagneront dans cette entreprise, de Pollet à Lehman, de Rivette à Farocki, de Richter à Moullet.

Stefanie Bodien, Dario Marchiori