Artivisme

FLAGEY  9 nov  14:00 -16:00

La rencontre, animée par Mathieu Bietlot, philosophe et politologue (Bruxelles Laïque), sera suivie d’une performance de Valérie Cordy autour de l’affaire Tarnac.

A la fois artistes et activistes, les artivistes réinventent sans cesse les formes et les techniques de la contestation politique : un mélange de désobéissance civile, de carnaval contre le capital, de jeux collectifs comme ferments révolutionnaires. héritiers des dadaïstes, des situationnistes, des provos, des yippies, les artivistes utilisent l’art, la poésie, l’expérimentation, l’imagina- tion, l’impertinence et l’humour comme armes de résistance.

Dans cette galaxie, on trouve les Yes Men, les Guerilla Girls, JR, Zevs, Critical Art Ensemble, Reclaim the Streets, Steven Cohen, Reverend Billy… Ils renversent-réinventent le monde et créent leurs propres armes : guérillas médiatiques à coups d’actions spectaculaires et de happenings photogéniques, contre-manipulation des médias dominants, sabotage ou appropriation des moyens de production. Autant de nouvelles formes de désobéissance médiatique.

Nous vous invitons à une rencontre joyeusement subversive autour des formes créatives de résistance et leurs « stratégies » de sensibilisation, mobilisation, médiatisation.

En présence de :

Yannick Kergoat : membre actif de l’Observatoire des Médias Acrimed (Action – Critique – Médias) et réalisateur, avec Gilles Balbastre, du documenraire « Les Nouveaux Chiens de garde ».

John Jordan : organise des actions directes créatives, depuis Reclaim the Streets et le Climate Camp, jusqu’aux Clown Army et Bike Bloc. Il a été un des caméramans du film The Take de Naomi Klein, et a codirigé le livre We Are Everywhere. The Irresistible Rise of Global Anti-Capitalism (Verso). Avec Isabelle Frémeaux, il a fondé The Laboratory of Insurrectiona- ry Imagination, un collectif qui allie l’art, l’activisme, la créativité et la résistance.

Isabelle Frémeaux : maître de conférence en Media & Cultural Studies au Birkbeck College-University of London. Sa recherche-action explore l’éducation populaire et les formes créatives de résistance. Avec John Jordan, elle a réalisé le livre-film « Les Sentiers de l’utopie » (Éditions Zones/La Découverte), explorant les communautés utopistes en Europe.

Cyprien Lepoivre : initiateur du Collectif Artivist. Irruptions théâtrales, actions directes non violentes, scéna- rios inattendus, interpellations médiatiques, renforce- ment des réseaux activistes belges, bricolages, vidéos, photos, fêtes, workshops, sont autant de moyens dont use le collectif pour propager la révolution ludique (la manif de droite « Osons l’austérité », incursion dans la Greenweek, la Brigade des Clowns sur le champ de bataille OGM, etc.).

Philippe Dutilleul : réalisateur de documentaires et journaliste à la RTBF (Strip Tease, Sale temps sur la planète). En tant qu’imposteur assumé, il réalise le vrai faux journal télévisé « Bye Bye Belgium« , bousculant et détournant ainsi les codes et les dispositifs médiatiques.

Ben Borges : en tant que reporter citoyen, média-activiste, il s’engage activement dans le mouvement de protestation né de la catastrophe de Fukushima, ainsi que dans les mouvances « Indignées » et « Occupy » un peu partout dans le monde.

Valérie Cordy : artiste numérique, directrice de la Fabrique de Théâtre et organisatrice des APREM#3 consacrés aux « Résistances numériques, crises, révolu- tions et réseaux / artivisme et hacktivisme ».

Une initiative de Julie Van der Kar du Gsara, mouvement d’éducation permanente actif dans l’éducation aux médias. Le Gsara réalise des campagnes d’information et de sensibilisation. A titre d’exemples : « La Copy Party » (happening/débat sur la question du droit d’auteur à l’ère numérique, 2012), « OuiShare » (sur la consommation collaborative et l’économie du partage, 2012), « Adieu Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui? » (sur les enjeux de la neutralité du Net, 2011), « Facebook te fiche, ne t’en fiche pas » (2010). La campagne de sensibilisation « Artivisme : Se faire entendre à tout prix » s’articulera comme une réflexion d’éducation aux médias en vue de mieux cerner la mise en récit de la contestation politique et sa représentation.