{"id":14,"date":"2013-09-10T14:53:17","date_gmt":"2013-09-10T13:53:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gsara.tv\/irm\/?p=14"},"modified":"2013-12-16T12:36:29","modified_gmt":"2013-12-16T11:36:29","slug":"ma-tele-et-moi-emoi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gsara.tv\/irm\/?p=14","title":{"rendered":"Ma t\u00e9l\u00e9 et moi \u00e9moi (Olivier Luminet)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Rencontre avec Olivier Luminet, professeur de psychologie \u00e0 l&rsquo;UCL, chercheur au FNRS et auteur du livre \u00ab\u00a0Psychologie des \u00e9motions\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Dans son ouvrage \u00ab\u00a0Psychologie des \u00e9motions1\u00a0\u00bb, Olivier Luminet examine les r\u00e9ponses de confrontation et d&rsquo;\u00e9vitement face aux \u00e9motions. Ces \u00e9motions qui affectent notre perception du monde, la mani\u00e8re dont nous nous exprimons, nos raisonnements intellectuels, nos processus d&rsquo;apprentissage,.. Regard d&rsquo;un psychologue sur les \u00e9motions v\u00e9hicul\u00e9es par la publicit\u00e9 et les m\u00e9dias.<\/p>\n<p><strong><em>Quelle est votre analyse de la confrontation et \u00e9vitement face aux informations ?<\/em> <\/strong><br \/>\n\u00c7a me fait penser aux \u00e9tudes de Bernard Rim\u00e9, professeur ordinaire \u00e0 la Facult\u00e9 de Psychologie et des Sciences de l&rsquo;Education de Universit\u00e9 de Louvain. Les gens auraient un int\u00e9r\u00eat, une fascination pour l&rsquo;\u00e9motionnel, voire parfois un certain go\u00fbt presque morbide pour les catastrophes, les accidents graves, les tremblements de terre,.. Le public a naturellement une inclinaison \u00e0 savoir ce qui se passe. Par curiosit\u00e9 et par empathie. Les gens ont aussi envie d\u2019avoir des images. Par exemple, les images des attentats du 11 septembre ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es en continu et les gens continuaient \u00e0 les regarder, m\u00eame s&rsquo;ils les avaient d\u00e9j\u00e0 vues 20 fois.<\/p>\n<p><strong><em>Comment l&rsquo;expliquer\u00a0?<\/em> <\/strong><br \/>\nLes gens sont curieux face \u00e0 quelque chose de nouveau. Et surtout, ils ont envie de comprendre, de cr\u00e9er du sens. Il y a un processus de construction de sens apr\u00e8s certaines situations. Plus la situation para\u00eet insens\u00e9e, plus \u00e7a prend du temps. Les attentats du 11 septembre est une situation compl\u00e8tement insens\u00e9e qui a pris beaucoup de temps \u00e0 \u00eatre g\u00e9r\u00e9e et comprise par les gens. Un autre \u00e9l\u00e9ment est l\u2019empathie. Des situations de catastrophe comme celles-l\u00e0 g\u00e9n\u00e8rent des mouvements d\u2019entraide et de compr\u00e9hension.<\/p>\n<p>Mais dans la dynamique \u00ab\u00a0confrontation-\u00e9vitement\u00a0\u00bb, c\u2019est clair qu\u2019il y a des diff\u00e9rences entre les personnes. Certaines personnes veulent \u00e9viter d\u2019\u00eatre confront\u00e9s aux informations qui g\u00e9n\u00e8rent trop d\u2019\u00e9motions. La moindre situation \u00e9motionnelle les met dans un \u00e9tat d\u2019activation insupportable (notamment au niveau physiologique). C&rsquo;est le cas pour celles et ceux qui ont une r\u00e9activit\u00e9 cardiaque beaucoup plus forte. Pour se prot\u00e9ger, ils vont essayer d\u2019\u00e9viter ces informations en coupant la radio, en changeant de cha\u00eene \u00e0 la t\u00e9l\u00e9,&#8230;<br \/>\nDans beaucoup de th\u00e9ories psychologiques, on d\u00e9crit l&rsquo;importance d\u2019alterner confrontation et \u00e9vitement de mani\u00e8re id\u00e9ale. Quand on vit une \u00e9motion forte, il faut \u00eatre capable de s\u2019y confronter, mais aussi avoir des moments o\u00f9 on fait autre chose. Par rapport aux images d\u2019actualit\u00e9 \u00e9motionnelle, s&rsquo;y exposer tout le temps a un c\u00f4t\u00e9 un peu morbide et pathologique. Dans la dynamique habituelle, quand on vit une situation comme \u00e7a, on d\u00e9crit des phases de confrontation et d\u2019\u00e9vitement qui vont alterner. Mais certaines personnes n\u2019arrivent pas \u00e0 le faire et vont \u00eatre soit tout le temps en confrontation, soit tout le temps en \u00e9vitement.<\/p>\n<p><strong><em>Exploiter la voie affective n&rsquo;est-ce pas souvent la solution la plus simple, la plus imm\u00e9diate, et la moins ch\u00e8re dans le chef des m\u00e9dias (publics comme priv\u00e9s) pour obtenir des revenus publicitaires et faire de l&rsquo;audience\u00a0? Je pense ici aux programmes de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 qui suscitent artificiellement le sordide, les penchants les plus gr\u00e9gaires chez le t\u00e9l\u00e9spectateur mais aussi quand les m\u00e9dias font la Une avec un nouveau type de virus ou un accident de train spectaculaire.<\/em><\/strong><br \/>\nSpontan\u00e9ment les gens sont attir\u00e9s par l&rsquo;\u00e9motion. Plus la chose est inattendue et nouvelle, plus elle va susciter un int\u00e9r\u00eat particulier. Les m\u00e9dias, et je pense plut\u00f4t aux t\u00e9l\u00e9visions, exploitent souvent la voie affective pour faire de l\u2019audience.<\/p>\n<p><strong><em>Quels types d&rsquo;\u00e9motion ?<\/em><\/strong><br \/>\nLes m\u00e9dias jouent tr\u00e8s clairement sur la peur. Faire peur est un tr\u00e8s bon vecteur. C\u2019est une \u00e9motion qui peut tr\u00e8s vite devenir collective et se propager. Le moteur de la peur, c\u2019est n\u2019importe quel danger et menace pour l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la personne. On se rend compte que globalement, les \u00e9motions n\u00e9gatives sont plus faciles \u00e0 \u00eatre partag\u00e9es. Les moteurs de la peur, de la tristesse, de la col\u00e8re, sont assez universels.<\/p>\n<p>Par contre, induire des \u00e9motions positives au niveau collectif est plus difficile car moins universel. Cela d\u00e9pend davantage de situations personnelles. Il existe des situations potentiellement positives telles un mariage, une naissance,&#8230; mais elles n&rsquo;int\u00e9ressent pas unanimement tout le monde. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle il y a beaucoup plus d\u2019\u00e9tudes sur les \u00e9motions n\u00e9gatives (tristesse, peur, col\u00e8re) parce qu&rsquo;il est relativement facile de les induire. Par contre, d\u00e9clencher un niveau de joie intense chez quelqu\u2019un en laboratoire, c\u2019est compliqu\u00e9\u00a0! On voit bien que l\u2019humour par exemple n&rsquo;est pas du tout universel. Il est donc plus facile de d\u00e9clencher une \u00e9motion collective d\u00e9sagr\u00e9able, qu\u2019une \u00e9motion collective agr\u00e9able. Certains \u00e9v\u00e9nements sportifs ont ce potentiel d&rsquo;\u00e9motions positives au niveau collectif mais c&rsquo;est beaucoup plus rare\u00a0! On se rappelle de l&rsquo;engouement incroyable suscit\u00e9 par les performances des Diables Rouges lors de la Coupe du monde en 1986 au Mexique. De ces \u00e9v\u00e9nements, les m\u00e9dias sont friands. Les politiques aussi, avec des tas d&rsquo;enjeux identitaires derri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong><em>Vivrions-nous alors dans \u00ab\u00a0une soci\u00e9t\u00e9 de mise en sc\u00e8ne de la peur\u00a0\u00bb comme le dit le philosophe Michel Serres ? Le discours anxiog\u00e8ne m\u00e8ne-t-il \u00e0 l&rsquo;immobilisme et au repli sur soi\u00a0?<\/em> <\/strong><br \/>\nIl y a un risque. Je pense surtout aux gens qui ont un exc\u00e8s d&#8217;empathie. L&#8217;empathie c&rsquo;est bien mais en avoir trop peut \u00eatre probl\u00e9matique. Ils vont ramasser toutes les \u00e9motions du monde entier et cette anxi\u00e9t\u00e9 collective en pleine figure sans pouvoir se distancier. Les m\u00e9dias ont un r\u00f4le d&rsquo;amplificateur, qui n&rsquo;est pas sans influence sur les comportements et les \u00e9motions de chacun. Les m\u00e9dias ont aussi tendance \u00e0 privil\u00e9gier les \u00e9clairages et commentaires \u00e9motionnels \u00e0 chaud plut\u00f4t que des experts de la question. L&rsquo;analyse qui en est faite est d&rsquo;une toute autre nature.<\/p>\n<p><strong><em>Et sur quel type d\u2019\u00e9motion joue la publicit\u00e9\u00a0?<\/em><\/strong><br \/>\nLa pub joue davantage sur le changement d&rsquo;humeur que sur les \u00e9motions. L&rsquo;humeur est moins intense que les \u00e9motions. Il faut bien avouer que la pub ne rend jamais les gens fous de joie (comme lors de certains \u00e9v\u00e9nements sportifs) mais elle est capable de modifier l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;humeur de la personne en associant un produit avec une image agr\u00e9able (m\u00eame sans aucun rapport avec la marque). Un meilleur \u00e9tat d&rsquo;humeur rend la personne plus r\u00e9ceptive au produit. Mais si par contre, vous \u00e9tiez de tr\u00e8s mauvaise humeur avant de visionner la pub, ce n&rsquo;est pas cette m\u00eame pub qui va vous faire basculer.<\/p>\n<p><strong><em>Quels sont le poids et l&rsquo;influence des mots, des images, des couleurs dans nos fonctions cognitives et notre perception du monde ? <\/em><\/strong><br \/>\nIl y a beaucoup d&rsquo;\u00e9tudes qui s&rsquo;int\u00e9ressent maintenant \u00e0 l&rsquo;effet cumul\u00e9 des \u00e9motions (c&rsquo;est \u00e0 dire au niveau de nos 5 sens). Par facilit\u00e9, elles se sont surtout pench\u00e9es sur la coordination entre le visuel et l&rsquo;auditif. Quand on joue sur les deux sens, on peut renforcer les effets \u00e9motionnels. Nicolas Vermeulen, Doctorant \u00e0 l&rsquo;Institut de Psychologie (IPSY) de l&rsquo;Universit\u00e9 de Louvain, cr\u00e9e des situations \u00ab\u00a0cross-modales\u00a0\u00bb pour comprendre l&rsquo;influence de la musique sur les expressions faciales.<br \/>\nPar exemple, quelle \u00e9motion suscite l&rsquo;observation d&rsquo;un visage neutre qui sourit de plus en plus sur une musique joyeuse\u00a0? Le personnage inspire confiance et il y a un d\u00e9cuplement de l&rsquo;effet de la musique. Quand la musique est au contraire triste ou terrifiante sur l&rsquo;image de ce m\u00eame visage, la situation est v\u00e9cue comme pathologique, elle procure un sentiment imm\u00e9diat de m\u00e9fiance et de peur. Pourquoi sourit-il alors que la musique n&rsquo;a rien \u00e0 voir ? Nos \u00e9motions sont ainsi influenc\u00e9es par des situations dites \u00ab\u00a0congruentes\u00a0\u00bb (lien entre le visuel et l&rsquo;auditif) ou \u00ab\u00a0incongruentes\u00a0\u00bb (aucun lien entre le visuel et l&rsquo;auditif). Les marketeurs jouent bien \u00e9videmment sur cette congruence entre les sens.<\/p>\n<p>Les mots utilis\u00e9s ont aussi leur importance. Cela a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 par les techniques dites d&rsquo;amor\u00e7age affectif. Il est possible de rendre la connotation de certains mots\/marques plus agr\u00e9able en les introduisant par d&rsquo;autres mots (ex. soleil, plage, chaleur). Les mots orientent notre \u00e9tat d&rsquo;esprit \u00e0 notre insu. Gordy Pleyers qui enseigne le comportement du consommateur \u00e0 l\u2019UCL, parle d&rsquo;ailleurs d&rsquo;endoctrinement affectif du citoyen. Celui-ci analyse les m\u00e9canismes de conditionnement \u00e9valuatif dans le discours politique et montre comment ceux-ci peuvent orienter les d\u00e9cisions des 25\u00a0% d&rsquo;ind\u00e9cis. Ce sont ces 25\u00a0% d&rsquo;ind\u00e9cis qui sont la cible de ces campagnes politiques.<\/p>\n<p><strong><em>Un exemple d&rsquo;endoctrinement affectif ?<\/em><\/strong><br \/>\nUn leader charismatique transmet de l&#8217;empathie en donnant l&rsquo;impression aux gens qu&rsquo;il comprend leurs probl\u00e8mes et leurs douleurs. C&rsquo;est une cl\u00e9 de succ\u00e8s politique\u00a0! Il y a des analyses qui montrent que dans des campagnes politiques, ind\u00e9pendamment des aspects id\u00e9ologiques, le candidat qui se montrera le plus empathique a le plus de chance de passer. Dans les yeux de la population, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui a l&rsquo;air de comprendre les autres, de se mettre \u00e0 leur place et de ressentir les \u00e9motions,.. Un exemple, un peu ancien mais assez r\u00e9v\u00e9lateur est celui de Gerhard Schr\u00f6der. En pleine campagne \u00e9lectorale allemande (septembre 2002), des inondations s\u00e9vissaient en Bavi\u00e8re et en Saxe. Elles ont fourni au chancelier social-d\u00e9mocrate une occasion inesp\u00e9r\u00e9e de remonter dans les sondages. V\u00eatu d\u2019un cir\u00e9 et chauss\u00e9 de bottes en caoutchouc, il a d\u00e9fil\u00e9 dans les villes et les campagnes inond\u00e9es et a su s\u00e9duire les \u00e9lecteurs incertains. Toutes les cha\u00eenes allemandes ont retransmis les images de leur chancelier tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 par le sort de ses compatriotes sinistr\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em>Qu&rsquo;en est-il de nos capacit\u00e9s de distanciation\u00a0? Sommes-nous toujours passifs par rapport aux images\u00a0?<\/em> <\/strong><br \/>\nNous avons des capacit\u00e9s de distanciation mais nous sommes moins critiques dans des moments de fatigue par exemple. Si nous nous mettons devant la tv le soir apr\u00e8s une longue journ\u00e9e, nous sommes dans une position \u00ab\u00a0automatique\u00a0\u00bb (notion d&rsquo;automaticit\u00e9). Nous risquons d&rsquo;\u00eatre plus facilement influenc\u00e9s que si nous mobilisons toutes nos ressources conscientes pour faire attention \u00e0 ce qui nous est racont\u00e9. Cette disposition d&rsquo;esprit critique de d\u00e9part va \u00eatre importante par rapport \u00e0 la r\u00e9ception des messages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rencontre avec Olivier Luminet, professeur de psychologie \u00e0 l&rsquo;UCL, chercheur au FNRS et auteur du livre \u00ab\u00a0Psychologie des \u00e9motions\u00a0\u00bb Dans son ouvrage \u00ab\u00a0Psychologie des \u00e9motions1\u00a0\u00bb, Olivier Luminet examine les r\u00e9ponses de confrontation et d&rsquo;\u00e9vitement face aux \u00e9motions. 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