CONTEXTE
Les médias nous imposent leur ordre du jour (leur agenda) et la façon de poser les questions. Ils prétendent vouloir raconter le monde « tel qu’il est » mais il n’est qu’une sélection non objective de l’actualité : il sélectionne (Gatekeeping) avec parfois un deux poids deux mesures, il hiérarchise, il traite et met en scène. Cette mise en forme de l’information a un impact important sur notre réception de l’information et in fine sur notre prise sur le monde. En matière de criminalité par exemple, il est démontré que les opinions du public reflètent beaucoup plus les représentations que se font les médias que la réalité elle-même. Alors que nous devrions nous demander pourquoi des casseurs n’ont plus rien à perdre, il semble plus important et opportun pour les médias de surjouer le choc émotionnel, de négliger la distanciation des sciences sociales en porte-à-faux avec les présupposés idéologiques des journalistes et leurs réflexes professionnels.
PISTES DE DÉBATS
• Quels sont les champs (ce qui est montré) et les hors-champs (ce qui est occulté) médiatiques ?
• Peut-on parler de “manipulation médiatique” voire de “domination médiatique” ?
• Les médias dominants jouent-ils suffisamment un rôle de contre-pouvoir ?
POUR ALLER PLUS LOIN
• Florence Aubenas, Miguel Benasayag, La fabrication de l’information, La découverte, coll. Sur le vif, 2007, 112 pages.
• Laurent Mucchielli : “La délinquance des mineurs n’est pas en augmentation”, Le Monde, Novembre 2010 > Lien
• Hugues Le Paige, Le casseur ou l’image manipulée, Politique, Septembre-Octobre 2014 (n°86) > Lien
• Alex Oscar Achi, Le journaliste peut-il être objectif ?, atelier RFI, Avril 2013 > Lien
