CONTEXTE
« La peur est rentable. » Ce slogan est bien connu des psychologues, des publicitaires… et des journalistes. Le poids des mots et le choc des images peuvent parfois distiller un climat ambiant tout aussi anxiogène qu’irrationnel. Pourtant, les médias ne se privent pas d’en user et d’en abuser. Dictée par la course à l’audimat (sans compter que les “études d’audience” ne mesurent pas les demandes du public mais seulement des réactions à l’offre), cette surenchère médiatique suscite un sentiment d’insécurité et une psychose individuelle et collective. Faute de problématisation, l’actualité prend la forme d’un alignement de faits sans lien, sans prise sur le monde. Et moins le public se sent acteur de changements, plus il ressent le besoin de compenser et de consommer des médias de “consolation”.
PISTES DE DÉBATS
• Les médias se contentent-ils de refléter les peurs ou créent-ils les psychoses collectives ?
• Vivons-nous dans une société de “mise en scène de la peur” comme le prétend le philosophe Michel Serres ?
• L’entretien de la peur dans les médias est-il une forme de contrôle politique ?
• Le spectateur a-t-il une part de responsabilité et comment peut-il réagir ?
POUR ALLER PLUS LOIN
• Marc Sinnaeve, Rituels médiatiques, empathie et torpeur sociale, APC > Lien
• Brooke Gladstone, Josh Neufeld, La machine à influencer : Une histoire des médias, Éditions Ça et Là, 2014, 183 pages.
• Michael Winterbottom, Mat Whitecross, La stratégie du choc, 2008, 79 min. (d’après le livre de Naomi Klein « La stratégie du choc ».)
• Mariette Darrigrand, Comment les médias nous parlent (mal). Contre le pessimisme médiatique et ses effets politiques, Editions François Bourin, janvier 2014, 77 pages.
