Une épreuve de saut en hauteur

CONTEXTE

#JeSuisCharlie : c’est avec ce mot-clé que des dizaines de milliers d’internautes ont exprimé leur soutien à Charlie Hebdo. Dans le contexte de vives émotions, est-il possible de conserver son esprit critique ? Quand Nathalie Saint-Cricq, responsable du service politique de France 2, lance au JT de 13h le 12 janvier qu’il faut «repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale» ceux qui ne sont pas Charlie, ce n’est rien moins que la liberté d’opinion qui est mise à mal. Après l’émotion vient le moment de la réflexion, des débats, de l’action, de l’éducation auquel les médias se doivent de contribuer. Certains médias privilégient trop souvent l’émotion au raisonnement car ils obéissent aux lois du marché. Le sociologue Pierre Bourdieu parlait d’un journalisme de news (faits divers, …) et d’un journalisme de views (analyses, opinions, …). Nous pourrions parler aujourd’hui d’un journalisme de show. Prendre d’emblée du recul pour mieux sauter, n’est-ce pas là la clé ?

PISTES DE DÉBATS

• L’émotion est-elle obligatoirement l’ennemi de la réflexion ?
• L’émotion favorise-t-elle le sentiment d’impuissance face à l’actualité ?
• L’information est-elle une marchandise comme une autre ?
• Avez-vous le sentiment d’être influencé par des techniques de marketing émotionnel ?

POUR ALLER PLUS LOIN

• François Jost, Pragmatique des émotions télévisuelles, [En ligne], Grotius, Février 2011 > Lien
• Jean-François Tétu, L’émotion dans les médias : dispositifs, formes et figures, Mots. Les langages du politique [En ligne], n°75 | 2004 > Lien
• Pierre Le Coz, Le gouvernement des émotions, Albin Michel, 2014, 208 pages.
• Sébastien Bohler, 150 petites expériences de psychologie des médias, Dunod, 2008, 238 pages.
La démocratie en mal d’information, Vivre-ensemble, 2013 > Lien

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